La Banque d’Angleterre parviendra-t-elle, vraiment, à baisser davantage ses taux ?

La Banque d’Angleterre a maintenu ses taux directeurs inchangés au terme de son comité des deux derniers jours, à 3,75 %. Aucune surprise dans cette décision après la baisse d’un quart de point décidée en décembre, au regard du rythme graduel qu’elle suit, à raison d’un ajustement tous les deux comités jusqu’en septembre, étendu à trois comités entre septembre et décembre. D’autant que ni les données d’inflation ni celles de la croissance n’incitent à penser que la BoE ait beaucoup de marges de manœuvre. Sauf sa prévision d’un retour de l’inflation à 2 % en avril, du fait des effets de base énergétiques d’un an sur l’autre, les tendances de prix ne sont pas des plus conformes à un retour durable de l’inflation dans la région de 2 %. Les hausses de salaires, bien que progressivement plus contenues, évoluaient encore entre 4,2 %, hors bonus et 4,8 % ces derniers compris au mois de novembre.

Lire la suite…

La perspective d’un hard Brexit s’éloigne ; les marchés des changes l’ont compris

Du long périple de ces derniers mois, il ressort au moins une conclusion claire : paradoxalement, la perspective d’un « hard Brexit » qui verrait le Royaume-Uni quitter l’Union Européenne sans accord préalable n’est souhaitée par personne, ni par les Britanniques ni par les Européens. Le temps est loin où T. May affirmait qu’il valait mieux un Brexit sans accord qu’un mauvais accord tant l’approfondissement du sujet a montré à quel point une telle démarche serait folle.

Au lendemain du rejet retentissant de l’accord de divorce négocié par Theresa May avec l’Union européenne, l’incertitude est maximale sur ce qui pourrait suivre mais le cadre est posé : l’éventualité d’une sortie effective du Royaume-Uni de l’UE sans accord le 29 mars a presque disparu du radar à la faveur d’une solution, certes, encore inconnue mais ardemment recherchée. Nous l’écrivions avant-hier (ici) : les péripéties autour de ce dossier ne s’arrêteront pas après le vote du parlement.

Il s’agit là, probablement de la principale explication de la résilience de la livre Sterling au rejet de l’accord de T. May. En somme, une réaction de bon sens, personne ne pouvant décemment imaginer qu’un responsable politique quel qu’il soit propulse son pays dans l’abîme que serait celui d’un hard Brexit. À ce titre, même l’hypothèse d’un second référendum, aux résultats incertains, semble devoir être mise à l’écart, pour un temps au moins.

D-DAY Britannique

La Chambre des communes votera demain mardi sur l’accord de divorce négocié par Theresa May avec l’Union européenne. Les chances d’un rejet sont particulièrement élevées. Si tel venait effectivement à être le verdict, les Britanniques se trouveraient acculés à quitter l’UE sans accord le 29 mars, une hypothèse unanimement redoutée de part et d’autre de la Manche pour l’imprévisibilité de ses conséquences économiques. Les péripéties ne s’arrêteront probablement pas au vote de demain, cependant.

Lire la suite