BMG décembre 2024 – Beaucoup de bruit pour bien peu

Un mois avec, un mois sans, notre baromètre économique global (BMG) fait du sur place à zéro en décembre, légèrement supérieur à celui de novembre mais inférieur à celui d’octobre… Les évolutions hautement erratiques continuent de caractériser nos derniers relevés sur la conjoncture des principaux pays au monde, qui manque cruellement de direction. Toujours négatif, notre baromètre de l’inflation stationne mais semble sur le point de dépasser son point bas.

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L’inflation allemande n’est pas là où l’attendait Mme Lagarde, la France en pâtit

A 2,6 % en décembre, l’inflation allemande s’est accélérée de quatre dixièmes par rapport à novembre et d’un point par rapport à son point bas de septembre. Publiée la semaine dernière, l’inflation espagnole avait fait le même parcours, de 2,4 % à 2,8 % entre novembre et décembre.Dans les deux cas, ces accélérations sont en partie imputables à des effets de base énergétiques, néanmoins, amplifiés par :
– une légère hausse mensuelle des cours du pétrole et du gaz, qui semblent bien partis pour gagner plus de terrain en janvier, à laquelle il faut ajouter le retour récent de l’inflation alimentaire.
– Une inflation sous-jacente en hausse d’un dixième en Allemagne, à 3,1 %, et de deux dixièmes en Espagne, à 2,6%.
Ces nouvelles contrarient un peu plus les prévisions du consensus sur les marges de baisses des taux de la BCE, déjà entamées par le revirement de la Fed et la chute de l’euro. Elles réduisent, également, les perspectives de pouvoir d’achat des ménages et le potentiel de reprise d’une économie européenne languissante. Elles pourraient bien, aussi, compliquer un peu plus la situation budgétaire française, laquelle doit faire face à une remontée substantielle des taux d’intérêt depuis le début décembre…

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Ceinture et bretelles pour 2025 : une lecture critique du « consensus » de marché

À en juger par le consensus des analystes des grandes banques internationales, 2025 serait une année des plus prometteuses au cours de laquelle les éléments les plus favorables aux bourses mondiales, américaines en premier lieu, seraient de nouveau au rendez-vous. Sans doute le sentiment des consommateurs américains n’est-il pas totalement étranger à cette vague d’optimisme. Ces derniers n’ont jamais été aussi confiants qu’aujourd’hui sur les perspectives boursières. Selon le Conference Board, plus de 57 % d’entre eux s’attendaient à une hausse des indices pour l’année à venir en novembre, mois de la réélection de D. Trump, soit vingt points de plus que la moyenne de 36 % observée depuis près de 40 ans. Ils étaient encore plus de 52 % à le penser en décembre.

De là à entretenir le discours ambiant, il n’y a qu’un pas que nombreux franchissent sans mollir, quitte, parfois, à tirer les scénarios par les cheveux. Selon le FT, les analystes « sell side » sont très majoritairement « bearish » au sujet des cours du pétrole, donc « bullish » s’agissant des perspectives de taux d’intérêt et, performance de l’an passé oblige, sur celles l’or. Ils sont, par voie de conséquence, plutôt confiants sur les bourses européennes et quasi-unanimement « bullish » sur les actions américaines.
Si le calendrier avance, rien ne semble changer du côté du consensus. Malgré le lapin posé par le rallye de Noël, la confiance est résolument au RDV et, avec elle, un degré d’aveuglement qui laisse pantois. Il y a bien des raisons de penser, en effet, que les choses ne se dérouleront pas comme anticipé et que dans les conditions en présence, mieux vaudra être bien harnaché pour aborder cette nouvelle année.
Si, parmi les nombreuses occasions d’instabilité, de mauvaises surprises ou de coups durs, les chances qu’aucune ne vienne entraver le scénario escompté ne peuvent être considérées comme nulles, reconnaissons que tel n’est pas, a priori, le plus probable. Face à l’excès d’optimisme en présence, le contrecoup pourrait être d’autant plus dur. Sur quels points se tenir sur ses gardes ?

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Quasi-clap de fin de la baisse des taux de la Fed : un brutal retour à la réalité

Le verdict semblait, pourtant, acquis : dans une position intenable depuis le FOMC du 18 septembre, la Fed accompagnerait l’annonce d’une baisse d’un quart de point des Fed Funds, que les derniers chiffres d’inflation lui permettaient de sauver, d’une révision significative de ses perspectives. C’est ce qu’elle a fait en réduisant de moitié l’ampleur de l’assouplissement monétaire pour 2025, de 100 points de base comme elle l’avait malencontreusement prévu en septembre, à 50 points. A écouter J. Powell, la Fed aurait, d’ailleurs, pu aller plus loin. L’unanimité des votes n’a pas été recueillie, en effet, pour la baisse de ce 18 décembre et certains membres considèrent bel et bien que celle-ci pourrait être la dernière. En cause, un changement majeur de perception sur les perspectives d’inflation que les membres du FOMC prévoient en hausse l’an prochain, de 2,4 % en décembre 2024 pour le PCE, à 2,5 %, au lieu des 2,1 % prévus en septembre. C’est ce changement qui semble avoir provoqué la susceptibilité des marchés, qui ont violemment réagi à la publication de ces projections et, plus encore, aux réserves exprimées par J. Powell au fur et à mesure de sa conférence de presse. Résultat, les indices boursiers américains ont perdu pieds, le Nasdaq en chute de 3,6 % et le S&P 500 de 2,95 %, tandis que le rendement des T-Notes s’est envolé de plus de 13 pb, à 4,52 % à deux doigts de son plus haut d’avril, 4,66 %. Le dollar s’est quant à lui adjugé une progression de 1,2 %, provoquant des réactions en chaîne sur les marchés des changes dont le plus remarquées sont la chute l’euro à 1,035$, celle du yuan à un plus bas depuis fin 2007, à 7,325CNY pour un dollar et celles des crypto-monnaies.

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CPI britannique: La BoE, patiente plus que faucon

A l’heure où les Banques centrales occidentales prennent toutes le chemin des baisses de taux en décembre, la Banque d’Angleterre pourrait bien faire exception et laisser ces derniers inchangés : après la forte progression des salaires publiée hier, l’inflation a, elle aussi, accéléré. Au mois de novembre, elle a atteint 2,6 % , contre 2,3 % en octobre et l’inflation sous-jacente, à 3,5 %, a augmenté de deux dixièmes. Légère remontée, également, pour les PPI, toujours en territoire négatif sur un an.
Pour autant, si la BoE a pris garde à ne pas brusquer son rythme de baisses de taux, ce n’est, sans doute, pas pour changer du tout au tout son diagnostic dès les premières données contrariantes. Il n’y a, d’ailleurs, pas vraiment de raison à cela.

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Loin des PMI éblouis par D. Trump, la conjoncture américaine reste fragile

Les directeurs d’achat prennent-ils leurs espoirs pour la réalité ? Les données du jour, en tout cas,ne justifient guère l’optimisme exprimé à travers les PMI d’hier. Les ventes de détail en valeur, dopées par des effets prix, se sont surtout concentrées dans l’automobile. La production manufacturière est plutôt sur la pente descendante, en hausse de seulement 0,2 % en novembre après une baisse révisée à -0,7 % en octobre. Enfin, après trois mois de hausse, l’indicateur NAHB des constructeurs est resté inchangé, à 46, inférieur d’une vingtaine de points à sa moyenne 2018-2019. Sans être particulièrement mauvaise, la conjoncture américaine donne des signes de léger ralentissement plutôt que d’accélération, contrairement aux PMI. Depuis la publication de ces données, les taux futurs reculent et offrent à la Fed un certain confort pour baisser ses taux demain.

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La BCE entre l’IFO, la Fed et la BoE… le danger de faire cavalier seul

Les retours en provenance de l’IFO allemand sont parmi les plus dégradés enregistrés depuis la fin de la pandémie. Que ce soit dans l’industrie, les services ou le commerce, les résultats de ce matin sont une douche froide après les espoirs de sortie de récession du début d’automne et un argument de plus pour que la BCE poursuive ses baisses de taux, voire accélère leur cadence début 2025. Reste que cette dernière n’est pas seule à bord et que ses marges de manœuvres pourraient être sacrément limitées par l’impact de ce que feront ou non les autres banques centrales sur le taux de change de l’euro. La Fed aura vraisemblablement du mal à baisser davantage le niveau des Fed Funds à partir du printemps si, comme les marchés l’anticipent, la politique de D. Trump est un succès, ce qui pourrait constituer une limite au potentiel de baisse des taux de la BCE. Plus proche, la Banque d’Angleterre n’est pas non plus sans influence sur les décisions de la Banque centrale européenne. Car, si l’euro s’est sensiblement affaibli vis-à-vis du billet vert, il n’est guère plus robuste à l’égard de la livre, face à laquelle il s’échange aujourd’hui à 0,8259, un plus bas depuis le référendum en faveur du Brexit de 2016. L’accélération des salaires au Royaume-Uni, en risquant de fermer la porte à une baisse des taux de la BoE cette semaine, a poussé le taux de change de l’euro-livre un peu plus bas ce matin, au grand dam des perspectives, décidément malmenées, de baisses des taux de la BCE (voir notre dernier postview).

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Données chinoises et PMI : morne fin d’année pour la conjoncture mondiale

La conjoncture mondiale manque toujours cruellement d’impulsion en cette fin d’année. En Chine, les ventes de détail ralentissent, l’investissement privé continue de se contracter et les données de valeur ajoutée piétinent. La faiblesse du secteur manufacturier se retrouve, dans la plupart des pays selon les PMI de S&P publiés ce matin. Dès lors, les quelques maigres signaux favorables en provenance des services passent plutôt au second plan. Les effets du rattrapage post-covid et du reflux de l’inflation principalement dépassés, les sources de soutien de la demande de services se tarissent et les chances que le tertiaire compense les effets négatifs de l’industrie sur la croissance se réduisent…

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