L’inflation décroche en Allemagne et baisse à 0,7 % en France. La BCE peut-elle réagir ?

Les retours en provenance des enquêtes avaient signalé de moindres tensions inflationnistes ces derniers temps en Allemagne. Les données préliminaires du mois de décembre vont au-delà des espoirs avec une chute de six dixièmes du taux d’inflation harmonisé de la première économie de l’union monétaire, de 2,6 % à 2 % entre novembre et décembre. Avec une inflation toujours plus faible en France, publiée plus tôt ce matin en repli, de 0,8 % en novembre à 0,7 % en fin d’année, la BCE finira-t-elle par reconsidérer sa posture ? Les appels en ce sens se sont multipliés parmi les économistes ces derniers temps et le contexte international en présence justifierait, à plus d’un titre, une inflexion de la politique monétaire. Avec des taux directeurs à 2 %, passer ce cap signifierait que la BCE soit prête à envisager d’aller potentiellement beaucoup plus loin courant 2026, une fois J. Powell, vraisemblablement, remplacé par un acteur beaucoup plus laxiste. La BCE mettra, sans doute, au mieux, du temps avant de passer ce cap.

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Stratégie 2026 – oubliés les sujets qui fâchent… jusqu’au printemps

Après une année 2025 marquée par une incessante rotation des sujets d’inquiétude, 2026 se présente sous un jour, presque, apaisé pour les marchés mondiaux, du moins ses premiers mois. Année des élections de mi-mandat aux Etats-Unis mais, surtout, du changement de présidence de la Fed et d’une centralisation des pouvoirs comme jamais dans l’ère moderne américaine, 2026, pourrait, en effet, réserver bien des bouleversements en seconde moitié d’année. Force est néanmoins de reconnaître que de ces derniers nous ne savons rien pour l’instant et que, d’ici là, réforme fiscale, protection opportuniste des consommateurs américains, liquidités et anticipations de baisses des taux constituent des facteurs de soutien à même de continuer à aiguiser l’appétit pour le risque des investisseurs américains.
Dans le reste du monde où l’environnement macroéconomique s’améliore graduellement grâce aux développements autour de la défense et de l’énergie mais, aussi, de plus en plus souvent, de l’IA, les conditions en présence sont relativement favorables. Malgré les stigmates de la guerre commerciale, notamment pour l’Allemagne et la Chine, les politiques publiques et l’essor des capex apportent quelques couleurs aux perspectives conjoncturelles. Après une année quasi record du MSCI monde hors Etats-Unis depuis 35 ans, les premiers mois 2026 semblent en mesure de profiter d’un contexte encore porteur…

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L’IA pour le meilleur et pour le pire

Guerre commerciale ou shutdown, l’économie américaine résiste. Au troisième trimestre, le PIB pourrait avoir de nouveau augmenté à un rythme annualisé de plus de 3,5 % selon les estimations de la Fed d’Atlanta. Avec une croissance chétive des créations d’emplois, de seulement 0,5 % en équivalent annualisé au cours de la même période, les gains de productivité devraient avoir été, une nouvelle fois, spectaculaires. L’origine de ces succès ? Une seule et unique réponse : la tech, encore la tech et toujours la tech.
L’accélération du développement des technologies de l’information autour de l’IA explique l’essentiel de ces résultats, en effet, que ce soit en matière de croissance du PIB, de productivité et de profits ou, même, de commerce extérieur. Avant même le lancement des programmes exceptionnels des géants du secteur, les dépenses d’équipement à destination de la technologie ont représenté plus de 90 % de la croissance annuelle des investissements productifs américains des trois derniers trimestres.
En Europe, pour la première fois, l’espoir de voir les effets de l’essor des nouvelles technologies dans les résultats économiques pointe son nez. Interrogée durant sa dernière conférence de presse sur l’origine des révisions à la hausse des prévisions de croissance de la BCE, sa présidente, C. Lagarde, a suggéré que les développements de l’investissement autour de l’IA pourraient en être la cause. En France, où la résilience de l’activité a largement surpris depuis le début de l’été, les enquêtes de l’INSEE renvoient quelques signaux concordants, là où on les attendait le moins : les commandes au secteur de l’informatique et de l’électronique ont constitué la première, pour ne pas dire l’unique, source d’amélioration des carnets de commandes à l’exportation de ces tout derniers mois !

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Inflation américaine en nette baisse, BCE confortable ; l’euro se cherche

L’inflation américaine a fortement reculé en novembre, à respectivement 2,7 % et 2,6 % pour l’indice total et sous-jacent contre 3 % pour chacune de ces deux mesures en septembre. Malgré l’absence de données pour le mois d’octobre, le message est clair : les pressions inflationnistes se sont nettement dissipées ces derniers mois, davantage en l’occurrence que ce qu’envisageait le FOMC. La conséquence immédiate de cette publication est de mettre la Fed en porte-à-faux, quoi qu’il en soit des risques et de l’incertitude sur les tendances à plus long terme des prix. Les taux à deux ans sont retombés à leur plus bas niveau de l’année, à 3,45 %. Comme c’était déjà la conclusion après les données sur l’emploi du début de semaine, la perspective de baisses plus importantes des Fed Funds que ne l’envisage le FOMC gagne en probabilité.

Dans le même temps, la décision de la BCE de maintenir ses taux d’intérêt inchangés a été confirmée, tandis que la mise à jour des prévisions de croissance a conduit à des révisions à la hausse pour 2025 et les années suivantes…

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La Banque d’Angleterre, réservée quant à de futures baisses de ses taux

La Banque d’Angleterre, c’était largement attendu, a abaissé son taux directeur d’un quart de point, à 3,75 %, après deux réunions sans changement. Elle met nettement en garde cependant sur l’éventualité de futures baisses, terminant son communiqué comme suit : sur la base des données actuelles, le taux d’escompte devrait poursuivre sa tendance à la baisse progressive. Mais les jugements sur un nouvel assouplissement de la politique monétaire deviendront plus serrés. De fait, quatre membres sur neuf n’ont pas voté en faveur de la décision du jour et auraient préféré le maintien de taux inchangés. Cette mention a surpris les marchés qui ont réagi par une remontée de 5 points de base du rendement des Gilts à deux ans, à 3,77 %, supérieurs donc au taux directeur décidé aujourd’hui.

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Baisses des taux contre liquidités : la Fed parvient à rassurer sans modifier les Dot Plots

La Fed a abaissé une nouvelle fois son objectif de Fed Funds d’un quart de point, à 3,50 %-3,75 %, à l’issue du FOMC de ces deux derniers jours, comme largement anticipé par les marchés, malgré les tergiversations de ces dernières semaines après l’avertissement de J. Powell sur les incertitudes autour d’une telle décision courant octobre. De fait, deux membres sur les douze que compte le FOMC ont désapprouvé ce mouvement, préférant maintenir les taux inchangés, tandis que S. Miran souhaitait un demi point de baisse. Tout autant que sa décision sur le niveau des Fed Funds c’est sur ses projections pour 2026 que la Fed était attendue, après celles du mois de septembre apparues très conservatrices, qui n’envisageaient qu’un quart point supplémentaire de baisse des Fed Funds l’an prochain, ainsi qu’en 2027. Les projections publiées aujourd’hui comportent peu de changements par rapport à ce dernier exercice : une inflation légèrement inférieure mais une prévision de croissance revue en hausse, de 1,8 % à 2,3 % pour 2026, qui permet à la Fed de maintenir ses projections de taux directeurs inchangées par rapport au mois de septembre.

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La hausse à 4,6 % du taux de chômage emporte la mise aux Etats-Unis

Les créations d’emplois ont plutôt bien résisté aux Etats-Unis ces deux derniers mois. Les destructions du mois d’octobre ont surtout concerné les emplois publics, mais très peu le secteur privé qui aurait successivement créé 52K et 69K postes au cours des deux derniers mois selon les données du BLS, des résultats meilleurs que ceux de l’ADP. Malgré tout, le taux de chômage s’est accru de deux dixièmes entre septembre et novembre et, pour une banque centrale ayant comme engagement de veiller au plein emploi autant qu’à l’inflation, cette nouvelle hausse accroît sensiblement la probabilité d’une nouvelle baisse des taux directeurs, d’autant que les tensions salariales s’apaisent. La croissance annuelle du taux de salaire moyen est tombée de 3,75 % en octobre à 3,5 % en novembre, sa plus faible progression depuis mars 2020, hors période covid. Le quart de point supplémentaire de baisse des taux directeurs prévu par la Fed mercredi dernier va bientôt paraître très limité au regard de ces résultats…

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Folle semaine et une question : la Fed a-t-elle sonné le retour des liquidités mondiales ?

Dernière avant la trêve des confiseurs, cette semaine sera sans répit, avec un programme particulièrement chargé dans un contexte de marché des plus mouvementés. Aux réunions de politique monétaire de la BCE, de la Banque d’Angleterre et de la BoJ, qui, déjà, suffiraient à créer d’importants remous dans le sillage du FOMC de la semaine écoulée, s’ajouteront les données américaines, emploi
et inflation du mois de novembre, notamment, les PMI préliminaires de décembre, sans parler de l’enquête IFO et INSEE, de la dernière ligne droite du budget français, voire de l’accord UE-Mercosur. De quoi alimenter une nervosité persistante des marchés financiers, déjà enclenchée avec les publications chinoises de la nuit. Derrière cette instabilité, une question-clé : les banques centrales sont-elles sur le point de renouer avec des politiques de liquidités, à l’instar des décisions de la Fed du 10 décembre ? Les changements de pratiques dans ce domaine ne sont jamais anodins, en effet, dans un monde aussi compétitif et interdépendant que l’actuel. Quand la plus grande banque centrale au monde change le curseur, les autres finissent le plus souvent par suivre avec plus ou moins de délai. C’est ainsi que début 2018, le bilan de la Fed, de la BoJ, la BCE et la BPC tournaient tous autour du même niveau, compris entre 4 500 et 5 000
milliards de dollars.

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