Marchés sous tensions en ce premier jour de FOMC mais les taux refluent toujours

L’environnement de marché reste très instable, toujours très impacté par les déceptions sur les résultats des sociétés américaines, technologie en tête, et les corrections qui s’ensuivent. Dans un tel contexte, les données économiques passent au second plan. Ni la croissance américaine, plus forte que prévu au deuxième trimestre, ni l’inflation allemande, dont les progrès ne sautent pas aux yeux, n’ont entamé les anticipations de baisse des taux de la Fed ou de la BCE à partir du mois de septembre. Tant mieux, aurions nous envie de dire, notamment après la lecture des données des PIB européens tout juste publiés. Car si la croissance de 0,3 % du deuxième pour la zone euro est ressortie meilleure qu’attendu, elle cache une évolution de seulement 0,6 % au cours des quatre derniers trimestres et une économie allemande de nouveau en contraction, de 0,1 % d’un trimestre sur l’autre comme sur l’ensemble de l’année écoulée…

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Fortes turbulences

Nous l’avions pressenti vendredi dernier, les développements de cette semaine le confirment : l’été ne sera pas de tout repos, que ce soit sur le plan politique, économique ou financier. Difficile de faire l’impasse tant la tournure de ces derniers jours pourrait engager celle de la rentrée économique et financière.
En France comme en Allemagne, le décrochage des indicateurs de climat des affaires a été violent ce mois-ci, au point de faire ressurgir l’hypothèse d’une récession. Une douche froide pour l’Allemagne, après des PMI révélateurs de fragilités beaucoup plus profondes que ne l’avaient envisagé le consensus et les responsables de politique économique. En France, les résultats de l’enquête INSEE font froid dans le dos. Après des PMI plutôt conformes à l’idée d’un soutien, même modeste, des JO, ils évoquent la possibilité d’un grand « pschitt » et d’une calamitée de plus pour l’Hexagone. L’espoir, contenu, d’un ressaisissement immobilier finit par sérieusement en pâtir.
Aux Etats-Unis, la croissance du PIB du 2ème trimestre a une nouvelle fois défié les pronostics. Si l’immobilier lâche, les dépenses des ménages restent au RDV et celles d’investissement des entreprises tirent leur épingle du jeu, grâce à l’essor des nouvelles technologies et autres impulsions ponctuelles dans les transports. Pas de quoi inquiéter la Fed à première vue, qui n’a pas lieu de délivrer un message particulièrement « dovish » la semaine prochaine, sauf si la situation de stress sur les marchés l’y pousse.
C’est bien de ce côté-ci, en effet, que les risques se multiplient et qu’il devient de plus en plus difficile d’envisager que la correction en place puisse être enrayée sans l’espoir d’un soutien monétaire imminent. Que ce soit par ce que nous renvoie la conjoncture en zone euro ou les développements financiers en cours, le statu quo monétaire semble avoir trop duré. Il faudra bien que J. Powell et C. Lagarde se rendent à l’évidence.

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Les marchés financiers zieutent déjà la rentrée et, plus loin… 2025

La saison estivale à peine entamée, les marchés ont déjà fait le saut vers les préoccupations d’une rentrée 2024 hautement chargée, à laquelle prépare une actualité, politique surtout, particulièrement dense. Depuis 2016, année du référendum britannique pour le Brexit et de la première élection de D. Trump, le politique n’a cessé de prendre plus de place dans l’actualité et tout semble nous dire, aujourd’hui, qu’il ne s’agit que d’un début, que 2025 pourrait, bel et bien, couronner. C’est vraisemblablement sur ces questions que l’attention tournera sur les marchés dès, voire avant, la rentrée.

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Lagarde : si l’inflation baisse nous serons rassurés…

… Mais encore ? Pas grand-chose à retirer de la conférence de presse de la présidente de la BCE ni du communiqué officiel. Tous les sujets, ou à peu près, ont été évoqués, sans offrir néanmoins de guide sur ce qu’a en tête l’Institution, dont on retiendra les principaux points suivants :
– La BCE n’a pas encore les garanties suffisantes de parvenir à son objectif d’inflation pour envisager de réduire le degré de contrainte monétaire. Ce dernier, rappelons-le, ne dépend pas uniquement de ses taux d’intérêt mais de leur écart à l’inflation, autrement dit, des taux d’intérêt réels, ce qui explique qu’elle ait pu baiser d’un quart de point le taux repo en juin tout en maintenant le même degré de restriction. Vu sous cet angle, il faudrait au moins une baisse du taux d’inflation d’un quart de point pour que la BCE procède à un ajustement équivalent de son taux directeur en conservant le même degré de contrainte monétaire.

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La BCE contrainte de lever le pied face aux disparités intra-UEM #uem #bce #inflation #taux #lagarde #conjoncture #uem20

C. Lagarde l’avait déjà sous-entendu et l’a confirmé à Sintra, la BCE n’a pas l’intention de baisser ses taux directeurs une deuxième fois d’affilée, après son premier mouvement début juin. Cela n’empêche pas la plupart des économistes d’anticiper un nouveau pas en septembre, comme pour la Fed. Pas sûr que Mme Lagarde ait l’intention de conforter ces anticipations, au vu de l’insuffisance des résultats récents en matière de désinflation, lesquels souffrent d’importantes disparités intra-régionales. Sa communication pourrait dès lors décevoir, au grand dam des pays où l’inflation s’est normalisée, qui auraient souvent le plus besoin d’un ajustement monétaire.

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Les banques centrales retrouvent des marges de manœuvre, mais jusqu’où ?

Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis le 13 décembre 2023, lorsque la Fed conclut que le temps d’une possible baisse de ses taux directeurs approchait et que ses membres introduisirent deux ajustements supplémentaires des Fed Funds à leur projection pour cette année, portant à 75 points de base leur prévision médiane de repli des taux. Prise en défaut dès les premiers mois de 2024 par une inflation et une économie, toutes deux, plus résistantes que prévu, il fallut attendre le mois de juin pour qu’elle revoie son diagnostic et ne conserve plus qu’un assouplissement d’un quart de point de ses taux directeurs d’ici décembre.
Mal lui en a pris, dès le surlendemain de cette annonce, la Fed fut une nouvelle fois prise à contrepied par le rapport sur l’emploi du mois de mai nettement moins favorable que ne le suggérait sa lecture de la conjoncture américaine. Le mouvement n’a quasiment pas cessé depuis avec une série d’informations toutes plus contrariantes les unes que les autres, au point que son message de début juin resta lettre morte sur les anticipations de marché. Non seulement en effet, l’économie américaine a multiplié les signes de fragilité mais l’inflation a poursuivi sa normalisation à un rythme cadencé jusqu’au rapport du mois de juin publié cette semaine, duquel on peine à tirer de quelconques signes persistants d’inflation.
Dont acte, la probabilité d’une baisse des taux directeurs en septembre, déjà aux environs de 70 % la semaine dernière, s’est envolée à 85 % à la lecture de ces données et celle, non plus de trois baisses des taux, mais de cinq d’ici fin avril 2025, est remontée illico à 35 %. Les marchés sont assez coutumiers de ce type d’embardées et il n’y a en ce constat rien que de très classique que l’on serait avisé de prendre avec distance. Ce serait, toutefois, passer à côté de l’opacité qui entoure aujourd’hui les perspectives monétaires, dans un contexte économique particulièrement instable, compliqué par un panorama politique et géopolitique hautement incertain, qui ont tous à voir, de près ou de loin, avec ce que l’on peut attendre des tendances inflationnistes de moyen terme.
L’approche d’un premier pivot de la Fed n’a pas fini de créer des dents de scies sur les perspectives de taux d’intérêt et de taux de changes du monde entier. Où faudra-t-il regarder pour s’y préparer ?

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Désinflation américaine, ça va vite M. Powell…

Devant le Sénat il y a deux jours J. Powell a déçu des marchés trop impatients d’obtenir un signe de détente. Reconnaissons qu’il était difficile au Président de la Fed de se défausser après sa pirouette de début juin et de mettre, par là-même, l’ensemble du FOMC en porte-à-faux. Manifestement, les données d’inflation du mois de juin devraient lui donner plus d’aisance. Comme celles du mois dernier, ces dernières sont indiscutablement d’un bon cru, voire peut-être d’un trop bon cru au regard de ce qu’elles pourraient nous dire de l’évolution de la demande dont les signes de tassement se sont largement multipliés ces dernières semaines.
Non seulement l’inflation des prix à la consommation est passée de 3,3 % à 3,0 % et sa composante sous-jacente, de 3,4 % à 3,3 % mais, sauf les biens de loisirs, plus aucun des principaux postes de l’indice des prix, loyers compris, n’évolue à un rythme mensuel supérieur à celui requis pour revenir à 2 %, à savoir 0,17 %. La désinflation est donc indiscutable là et la Fed ne pourra dire le contraire, surtout dans un contexte conjoncturel de plus en plus fragilisé, pour ne pas dire menaçant pour ce qui est de sa composante immobilière. Reste maintenant à déterminer si elle se contentera d’un discours plus colombe le 31 juillet qui préparerait une action pour septembre ou si elle passera à l’acte. Les publications économiques et celles des résultats des entreprises des deux prochaines semaines seront sans doute déterminantes sur sa décision.

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Keir Starmer, les mains vides, saura-t-il satisfaire les Britanniques très longtemps ?

Les résultats des élections législatives anticipées britanniques de ce 4 juillet, décidées par Rishi Sunak, résonnent comme une nouvelle démonstration de la volonté de changement exprimée par les électeurs occidentaux ces dernières années. Qu’elle soit britannique, française ou celle de nombreux autres Européens, l’aigreur des populations, Brexit ou non, partout, s’exprime dans les urnes et balaye les équilibres politiques en place, pour le meilleur ou pour le pire, comme une preuve incontestable que les leçons du référendum de 2016 n’ont été tirées, ni outre-Manche, ni ailleurs en Europe. Les Britanniques ont infligé une gifle historique aux Conservateurs au pouvoir depuis 14 ans, au grand bénéfice des Travaillistes incarnés par Keir Starmer, qui devrait donc devenir le nouveau premier ministre du Royaume-Uni, le cinquième depuis le départ de David Cameron en 2016.
Figure modérée d’un Labour bien moins radical que lorsqu’il était aux mains de Jeremy Corbyn, candidat indépendant réélu député, K. Starmer accède au pouvoir les mains à peu près vides, d’un programme dans lequel tout semble, encore, à définir. Signe de capitulation après des déboires et déceptions politiques en cascade depuis le référendum de 2016, aucun des sujets qui ont fracturé le pays ces quinze dernières années ne fait partie des exigences des électeurs ni des promesses du parti. Au contraire de ce qui se passe en France, le choc politique britannique n’est pas synonyme de rupture économique ni fiscale et se présente, plutôt, sous le signe de l’accalmie. Les marchés devraient pouvoir s’en satisfaire. En sera-t-il de même pour les Britanniques ? C’est nettement plus incertain à en juger par les fondements du mal être exprimé dans les urnes et par la percée de l’extrême droite, incarnée par le parti Change UK (N. Farage) au Parlement. Difficile dès lors d’envisager que la formation issue de ces élections puisse tenir cinq années.

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