Et maintenant, que peut-il se passer ? La démission de F. Bayrou fait peu de doute après le vote de confiance qu’il a lui-même sollicité le 8 septembre. Neuf mois après celle de son prédécesseur, la situation n’a, de fait, guère évolué. Sauf qu’un nouveau volontaire a échoué à établir un consensus qu’il n’a, d’ailleurs, même pas véritablement cherché à établir, et que la corde s’use. Que pourrait faire un nouveau locataire de Matignon proche du président de la République que n’ont pas réussi à faire les deux précédents ? Probablement pas grand-chose au vu du contexte politique et, plus encore, social, en présence. Une dissolution de l’Assemblée, avec à la clé de nouvelles élections législatives, aurait, quant à elle, assez peu de chances d’aboutir à des conditions plus favorables à la formation d’un gouvernement viable. Quant à l’hypothèse d’une démission, toujours possible, du chef de l’Etat, elle n’offre guère, non plus, de pistes évidentes de sortie de crise et, tout bien pesé, plutôt l’inverse.
Alors oui, l’inquiétude est extrême.
Il y a celle que le marché de la dette française rebute les investisseurs et que les taux d’emprunt du Trésor francais s’envolent. Au-dessus des taux italients ? Dans l’absolu, la sanction ne serait pas indue, relativement à un pays qui a su préserver un excédent primaire structurel de ses finances publiques de 1 % de son PIB en moyenne depuis 1995, que la France n’a presque jamais réussi à obtenir, à l’exception des périodes, lointaines, au cours desquelles la croissance du PIB a dépassé 3 %. Elle pourrait tomber dès le 12 septembre avec la baisse probable de la notation souveraine de Fitch, puis successivement celles de Moody’s et S&P les deux mois suivants.

L’accès de cet article est réservé aux abonnés.
Merci de vous identifier si vous êtes abonné-e.