Le message est on ne peut plus clair : la BCE marquera une pause après la baisse de ses taux directeurs d’aujourd’hui, quand bien même elle a révisé de trois dixièmes à la baisse sa prévision d’inflation et n’a pas modifié son scénario de croissance, maintenu à 0,9 % malgré la bonne surprise d’une hausse de 0,3 % du PIB. Si Mme Lagarde n’utilise pas le terme approprié pour qualifier le niveau du taux de dépôt de 2 %, la formulation choisie laisse peu de doute : «après la décision d’aujourd’hui, la BCE est bien positionnée pour naviguer dans l’environnement incertain actuel ». Parmi ces incertitudes, c’est sur les risques de facteurs exogènes d’inflation qu’elle appuie : tensions commerciales, incidence du climat sur les prix alimentaires et politiques en faveur de la défense sont autant de facteurs susceptibles de faire dévier l’inflation de sa trajectoire, malgré la confiance affichée sur les tendances en cours.
L’arrêt des baisses de taux est-il définitif ? C’est, vraisemblablement, du côté américain que se jouera l’histoire d’ici la fin de l’année. En marquant une pause maintenant, la BCE conserve, en effet, quelques marges d’action pour suivre la Fed, si jamais cette dernière venait à baisser ses taux dans les mois à venir. En celà, la posture de la BCE est légitime et plutôt raisonnable, comme nous l’avions suggéré dans notre preview
