TRUMP – l’effet papillon

C’est peu de dire que la réaction initiale des marchés financiers à la victoire de Donald J. Trump interroge. La tentation pourrait être grande de suivre le mouvement et d’accepter l’idée que l’élection du nouveau président des États-Unis a créé plus de peur qu’elle ne fera de mal ; que le pragmatisme prendra forcément le pas sur les provocations et que, in fine, seuls les éléments les plus favorables de son programme – baisse d’impôts et dépenses d’infrastructures – sont à retenir. Il y aurait cependant une certaine indécence à ne pas considérer le risque de complaisance à privilégier telle approche ; à faire fi, non seulement des dérives verbales de ces derniers mois, mais de ce qui figure noir sur blanc sur la plateforme électorale de l’ex-candidat et des risques de dérives que sa seule élection pourrait produire dans la société américaine et au-delà. Rien, sinon, une apparition publique de trois minutes au cours de laquelle l’heureux élu s’est effectivement montré digne de ses nouvelles responsabilités -comment pouvait-il en être autrement ?-, n’autorise une telle posture.

Dow Jones post Trump election

Sauf à être capable de dire avec précision quelle a été, le cas échéant, la part de bluff du candidat durant sa campagne électorale, nous ne savons rien de ce que pourra signifier son élection sur le plan économique, financier ou diplomatique et géopolitique. Dans de telles conditions, l’aléa est sans pareil : Trump coup de bluff ou Trump pur jus, c’est bel et bien à ces deux hypothèses qu’il faut se préparer.

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Élections américaines – les 3 scénarios du 8 novembre

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Donald Trump. Un peu comme un rouleau compresseur, celui qui encore au printemps était presque unanimement considéré comme l’improbable candidat à la primaire républicaine a, depuis, passé avec brio toutes les étapes de la course à la Présidentielle, au point, de bénéficier aujourd’hui d’une probabilité élevée d’être élu Président des États-Unis mardi prochain. Son élection constituerait un scénario catastrophe à bien des égards.

Hillary Clinton. Présumée gagnante en début de course, notamment à partir du moment où son rival fut connu, la candidate démocrate a pour sa part subi les revers récurrents de ses déboires judiciaires et de l’image qu’elle porte en elle, celle de la continuité dont précisément une trop large proportion d’Américains ne veulent plus. Sa perte de vitesse au cours des derniers rounds vers l’élection, soulève de plus en plus sérieusement l’hypothèse d’un échec. Sa victoire constituerait un soulagement immédiat mais le caractère timoré de son programme soulèverait sans tarder des questions sur sa capacité à adresser les défis structurels qui se posent aujourd’hui à l’économie américaine.

Hillary Clinton, contestée. Dans le cas d’une victoire, largement plébiscitée en dehors des États-Unis, le scénario d’une avance insuffisamment confortable de la candidate démocrate pour prévenir une contestation des résultats par son rival dans un certain nombre d’États clés, comme ce dernier l’a déjà proféré dans l’hypothèse de son échec, est loin d’être négligeable. Le risque d’une issue différée de l’élection du 8 novembre, le temps nécessaire pour de nouveaux décomptes des votes semble relativement conséquent. En 2000, l’épopée du recomptage des voix de l’État de Floride avait pris fin le 12 décembre sur décision finale de la Cour suprême de couper court aux procédures de validation pour tenir les délais constitutionnels…

Rares ont été les élections passées au cours desquelles l’incertitude et, simultanément, les enjeux électoraux américains ont semblé aussi importants pour les États-Unis et le reste du monde. Quels pourraient être dans ces trois différents cas de figure les implications immédiates pour les marchés financiers internationaux ?

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La FED n’est pas entendue par les marchés

Les observateurs sont d’accord, les micro modifications apportées au communiqué de la FED après son comité des deux derniers jours, confirment sa volonté de relever le niveau de ses taux d’intérêt. Mise à part le changement de qualificatif sur l’évolution de la consommation, en « hausse modérée » plutôt qu’en « forte croissance », tous les changements apportés à sa rhétorique sont là pour rouvrir la porte d’une possible action en décembre, parmi lesquels :

  • le retrait de la proposition relative à la persistance d’anticipations d’une inflation faible à court terme
  • et le remplacement de « davantage » (further) par « certains » (some) au sujet des éléments nécessaires à son passage à l’acte.

La Fed prépare ainsi le terrain pour une éventuelle remontée de ses taux lors de sa prochaine réunion, sous réserve, toutefois, que les développements sur le front de la croissance, de l’inflation et des marchés financiers l’autorisent. Avec cette dernière condition, elle conserve encore une fois toute latitude, ce qui dans le contexte actuel de regain d’instabilité sur les marchés financiers internationaux laisse encore beaucoup d’incertitude sur ce qu’elle fera ou non le 14 décembre.

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Les marchés ne s’y sont pas trompés, qui ne semblent avoir vu dans ce communiqué aucune garantie d’un passage à l’acte. Il est intéressant à ce titre de revenir sur leur réaction au communiqué d’octobre l’an dernier pour prendre la mesure de ce qui ressemble bien à une sorte de capitulation, en dépit de la remontée récente des taux futures.

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Mieux vaut dans un tel contexte patienter pour voir les réactions aux résultats des élections de la semaine prochaine, la tournure économique et celle des marchés boursiers, avant de parier sur une remontée effective des Fed Funds le 14 décembre prochain

Baromètre Financier Global – Octobre 2016

Après une longue période d’inertie, nos baromètres de marchés enregistrent d’importants mouvements des grandes classes d’actifs et des secteurs, le changement de contexte inflationniste et la remontée des anticipations de hausse des taux directeurs de la FED semblant avoir imposé d’importants changements directionnels :
– net repli des indices obligataires souverains et corporate internationaux ;
– affaissement généralisé des devises vis à vis du dollar ;
– environnement très disparate sur le front des marchés d’actions émergents, le Brésil distançant nettement les autres grands marchés (pour des raisons avant tout politiques) ;
– embellie généralisée des indices boursiers hors Etats-Unis, soutenus par un regain des valeurs bancaires et, dans leur sillage et dans des proportions variables, de la plupart des secteurs cycliques.

Baromètre de marché

Baromètre Sectoriel – Octobre 2016

Après une longue période d’inertie, nos baromètres de marchés enregistrent d’importants mouvements des grandes classes d’actifs et des secteurs, le changement de contexte inflationniste et la remontée des anticipations de hausse des taux directeurs de la FED semblant avoir imposé d’importants changements directionnels :
– net repli des indices obligataires souverains et corporate internationaux ;
– affaissement généralisé des devises vis à vis du dollar ;
– environnement très disparate sur le front des marchés d’actions émergents, le Brésil distançant nettement les autres grands marchés (pour des raisons avant tout politiques) ;
– embellie généralisée des indices boursiers hors Etats-Unis, soutenus par un regain des valeurs bancaires et, dans leur sillage et dans des proportions variables, de la plupart des secteurs cycliques.

Baromètre secteur

BMG octobre 2016 – Changement de donne sur les marchés financiers

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Notre baromètre est en amélioration notable, reflet notamment d’une meilleure orientation des tendances enregistrées dans l’industrie manufacturière à l’échelle mondiale, corroborée par le regain d’activité exportatrice.
Notre indicateur synthétique d’inflation continue, pour sa part, à évoluer à la hausse avec une accélération des tendances enregistrées sur le front des prix et des anticipations, à laquelle seul le Japon échappe dorénavant.
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Après une longue période d’inertie, nos baromètres de marchés enregistrent d’importants mouvements des grandes classes d’actifs et des secteurs, le changement de contexte inflationniste et la remontée des anticipations de hausse des taux directeurs de la FED semblant avoir imposé d’importants changements directionnels :
– net repli des indices obligataires souverains et corporate internationaux ;
– affaissement généralisé des devises vis à vis du dollar ;
– environnement très disparate sur le front des marchés d’actions émergents, le Brésil distançant nettement les autres grands marchés (pour des raisons avant tout politiques) ;
– embellie généralisée des indices boursiers hors Etats-Unis, soutenus par un regain des valeurs bancaires et, dans leur sillage et dans des proportions variables, de la plupart des secteurs cycliques.
baromètre global

Marchés obligataires, le grand mikado des marchés mondiaux

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Le jeu des marchés mondiaux se complexifie de jour en jour depuis quelques temps, donnant l’impression d’être exposé à un nombre inhabituel de facteurs d’influence potentiellement globale et de risques de nature et d’origines multiples. Entre les interrogations planant autour des politiques des banques centrales, celles relatives au pétrole, à l’inflation, au repli accéléré de l’euro et du yen, notre Humeur peine à faire le tri ce vendredi. Et si tous ces facteurs d’incertitudes se retrouvaient à travers un seul et même marché : l’obligataire ?

 Anticipations d'inflation

Au-delà des indices, la promesse des cycliques

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Après un mini rallye d’une dizaine de jours, les indices européens semblent déjà s’essouffler, risquant d’inspirer une nouvelle capitulation par rapport à la possibilité d’une sortie par le haut de la fourchette étroite dans laquelle ils naviguent sans conviction ces derniers mois. À 3093 points, le 24 octobre, l’Eurostoxx 50 pourrait, en effet, être perçu comme ayant déjà fait le maximum de ce qu’il est capable dans le contexte d’extrême indécision en place depuis le début de l’année. À y regarder de plus près, pourtant, les développements de ces dernières semaines ne ressemblent guère à ceux qui prévalaient il y a peu. Peut-on y voir les prémices de lendemains plus enchanteurs ? Une réponse par l’affirmative est tentante…