Les minutes du dernier FOMC obsolètes, un changement des anticipations de marchés pourrait être imminent

Difficile de déceler un quelconque biais dans les minutes du dernier FOMC de la FED ou une quelconque indication sur ses intentions pour le futur proche.

La première partie de ce rapport, traditionnellement consacrée au descriptif de la situation récente, est des plus réservées, en phase avec le Beige book du même mois et marquant, de fait, une certaine distance par rapport à l’amélioration généralisée des indicateurs conjoncturels que la FED Lire la suite…

Inflation allemande, c’est pas fini !

L’inflation annuelle allemande a plus que doublé en décembre, passant de 0,8 % le mois passé à 1,7 %, soit son plus haut niveau depuis l’été 2013. Les effets combinés d’une forte hausse des prix de l’énergie, de 2,3 % sur le mois, d’une hausse significative des prix des produits alimentaires, de 0,9 %, et vraisemblablement d’éléments supplémentaires que révéleront les statistiques détaillées dans les jours à venir, expliquent ce résultat.

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Ouvrons nos écoutilles, la BCE ne devrait pas tarder à réviser sa copie

À -0,82 %, les taux à deux ans allemands flirtent depuis ce matin avec de nouveaux plus bas historiques. Alors que l’euro menace de tomber à parité contre le billet vert, que les anticipations d’inflation des ménages redressent vigoureusement la tête et que les statistiques économiques de la zone euro décrivent une nette amélioration de la situation (y compris en France !)…

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Yellen jette de l’huile sur le feu des marchés obligataires

Le diable est toujours dans le détail, surtout lorsqu’il s’agit des banques centrales.

Si, sur le papier, les prévisions de croissance et d’inflation de la FED sont très peu modifiées, reflet d’une volonté de ne pas prendre pour argent comptant les promesses d’un programme de D. Trump encore largement incertain, Janet Yellen s’est, toutefois, incontestablement montrée confiante, sans doute trop confiante pour que la révision à la hausse, même modique, de ses prévisions monétaires passent inaperçues.

La question ici n’est pas celle du relèvement largement attendu, d’un quart de point de son objectif de Fed funds, à 0,50%-0,75%, mais bien celle du changement apporté aux prévisions des membres du board qui intègrent dorénavant 3 hausses supplémentaires des taux directeurs d’ici fin 2017 plutôt que deux jusqu’alors.

Pour que les répercussions de ce changement soient étouffées, sans doute aurait-il fallu, en effet, non pas seulement un scénario de croissance et d’inflation très conservateur, mais également une Présidente plus réservée qu’elle ne l’a été. Or, si Janet Yellen est apparue très hésitante sur les perspectives de l’économie américaine, elle a toutefois clairement donné l’impression d’être moins inquiète que ces derniers temps et peu ouverte à l’idée de laisser filer l’inflation au-dessus de son objectif de 2%.

Le résultat ne s’est donc pas fait attendre. A l’opposé de ce que nous avions envisagé et présenté plus tôt dans la journée :

  • les taux des emprunts d’Etat se sont sensiblement tendus sur l’ensemble des échéances, les taux à 10 ans gagnant 10 points de base, à 2,57%, malgré un aplatissement de la courbe des taux 2-10 ans ;
  • le dollar s’est envolé, propulsé au-delà de 117 yen et à quasiment 0,95 euro ;
  • enfin, les cours du pétrole ont flanché de plus de 4%, signe de la perception d’une FED en position de réel durcissement de sa politique monétaire.

En d’autres termes, qu’elle le veuille ou non, la FED a mis un peu plus d’huile sur le feu des marchés obligataires, plutôt que l’inverse. Cette stratégie est périlleuse, à plus d’un titre :

  1. elle risque de créer les conditions d’une montée trop violente des taux longs, au moment où les données d’inflation vont être tirées à la hausse par les effets de base pétroliers ;
  2. elle risque d’alimenter une montée des anticipations de fin de cycle aux conséquences potentiellement dommageables pour les marchés financiers ;
  3. elle avale le scénario vertueux d’une reflation progressive de l’économie américaine.

Que peut-il se passer maintenant ? A chaud, nous sommes tentés de dire, de deux choses l’une :

  • soit les données économiques poursuivent sur la voie de l’embellie de ces dernières semaines et le risque d’une envolée des taux longs s’en verra nettement accru, les taux à dix ans pouvant s’approcher sans tarder des 3 % ;
  • soit les données économiques se détériorent suffisamment pour éteindre les braises attisées par le FOMC, ce qui tendra à conclure que la FED a commis une erreur de casting, aux conséquences à ce stade assez largement imprévisibles.

La messe est donc loin d’être dite et l’on peut raisonnablement craindre d’une telle situation un retour de volatilité sur les marchés boursiers.

Yellen sur les pas de Draghi ? L’hypothèse fait sens

Sauf à avoir connaissance d’un biais connu, l’exercice prévisionnel consistant à tenter de se mettre à la place de celui dont on tente de prédire la décision est souvent plus efficace que n’importe quelle autre méthode. Sans plus de prétention, que ferions-nous ce soir si nous avions la responsabilité qui incombe à la FED ? Lire la suite…

Les faux-semblants du scénario 2017

Rebond de l’inflation, raffermissement de la croissance mondiale, hausse des taux d’intérêt… Voilà bien longtemps que nos prévisions macro-économiques n’ont pas été aussi engageantes. Après une année de léthargie, les marchés européens devraient réceptionner ce changement d’environnement avec enthousiasme début 2017.

La page de la déflation est-elle pour autant tournée ? Ce n’est pas ce qui ressort de notre analyse.

La parenthèse qui s’est ouverte depuis l’automne et que l’élection de D. Trump a plus encore élargie semble dès lors bien fragile, susceptible de se refermer sans prévenir en cas d’accident de parcours.

Or la liste des risques en la matière est fournie :

  • Sur le plan économique d’abord, la capacité des consommateurs à faire face à la remontée trop rapide de l’inflation et des taux d’intérêt étant l’un des aspects les plus incertains de l’exercice prévisionnel du moment ;
  • Sur le plan de la politique monétaire, un enthousiasme trop rapide des banquiers centraux étant susceptible de provoquer un krach obligataire aux conséquences assez largement imprévisibles ;
  • Sur le plan politique, avec un agenda chargé d’élections décisives pour l’avenir de l’Europe et l’orientation du policy-mix, à l’heure, qui plus est, de la concrétisation du Brexit, à partir du mois de mars ;
  • Sur le plan géopolitique, enfin, où les sources de crispations internationales se sont incontestablement multipliées ces derniers mois, sur fond de démondialisation économique rampante…

Au-delà des chiffres, c’est un scénario miné de risques et d’incertitudes qu’inspire l’année à venir.

Pouvoir d'achat du revenu disponible

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