Trumpcare contre baisse d’impôts, le challenge politique de D. Trump a du plomb dans l’aile. Les marchés trinquent.

Le faible soutien des républicains à la proposition de réforme de l’Obamacare entame l’espoir d’une vaste réforme fiscale autour de laquelle D. Trump a construit son succès et son programme économique.

Les économies attendues de la réforme de la santé constituent la principale source de financement de ses promesses de baisses d’impôts, pour un montant estimé à près de 900 milliards de dollars sur dix ans. En cas d’impossibilité de dégager ces économies, les chances que le congrès valide les baisses d’impôts massives promises par l’administration, seraient probablement réduites.

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Le budget de D. Trump, le r*, la courbe des taux, les cours de l’or et du dollar…

Les questionnements sur l’impact de la politique économique de Donald Trump sur le potentiel de croissance de l’économie américaine sont au cœur des rouages qui dominent la vie des marchés financiers depuis son élection. De cette lecture dépendra en large partie l’estimation du taux d’intérêt neutre sans la connaissance duquel la FED ne pourra avancer qu’à l’aveugle, au risque de multiplier les faux pas. De cette même estimation dépendra l’impact des hausses de taux des fed funds à venir sur l’évolution de la pente de la courbe des rendements dont les implications pour les marchés d’actions sont plus que déterminantes.

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FOMC : hyper prudence de la FED, encore et toujours (podcast)

Vous trouverez ci-dessous les principaux points de notre analyse du FOMC complétés du podcast de l’émission « spécial FED » de BFM business à laquelle je participais en compagnie d’Alain Pitous (Talence Gestion) et de Philippe Waechter par téléphone (Natixis AM).
Comme nous l’avions envisagé, pas d’urgence ni de pari sur l’avenir
La FED a relevé le niveau de ses taux directeurs d’un quart de point, dans une fourchette comprise entre 0,75% et 1%, comme prévu et ne modifie rien de ses projections pour les dix-huit prochains mois.
Bien qu’incontestablement plus confortable sur les développements de la conjoncture américaine, le FOMC n’a donné l’impression d’aucune précipitation et reste circonspect quant aux évolutions à venir. Les inconnues de politique économique de la nouvelle administration expliquent dans une large mesure cette prudence quand, nous l’avons dit ce matin, la FED est indéniablement contrainte par l’environement en présence de très forte valorisation des prix d’actifs.
Le FOMC ne s’est pas prononcé sur le calendrier des deux hausses supplémentaires envisagées cette année, qui seront décidées « en fonction des informations économiques futures ». Pas de précipitation, donc, malgré des anticipations dorénavant très claires de remontée de l’inflation sous-jacente, selon le communiqué de ce soir.
  • Après la spéculation de ces derniers jours, la communication de la FED a rassuré les marchés boursiers américains qui se sont ressaisis  dès l’annonce du maintien de son scénario.
  • Les marchés de taux, qui s’étaient quelque peu tendus ces derniers jours, ont favorablement accueilli la nouvelle, les taux à 10 ans retombant sous le niveau de 2,50 % et les taux à 2 ans, à 1,30 %.
  • Porté par le repli des taux d’intérêt, l’or s’est adjugé un rebond de plus de 1% quand les cours du pétrole regagnaient un peu du terrain perdu récemment, repassant au-dessus de 49 $/b pour le WTI.
  • Enfin, l’indice ICE du dollar qui avait été dopé par les craintes d’un changement de scénario de la FED, a perdu 1,3 % après l’annonce, l’euro repassant au-dessus de 1,07 USD, tandis que le yen qui n’était nettement repli après la réunion de la BCE de jeudi dernier, se réappréciait à 113,5 JPY.
Dans l’ensemble, donc, un scénario conforme à nos attentes, d’une banque centrale d’une extrême prudence, n’ayant même pas osé ajuster ses « dots » avant  2019 ; un soutien indéniable pour les marchés d’actions mais également pour les cours de l’or tant la FED prend du retard sur l’inflation.

PREVIEW FED : Pas d’urgence ni de pari sur l’avenir

Avec des taux directeurs compris entre 0,5 % et 0,75 %, la Fed est sans doute en retard sur le cycle de conjoncture américain. La croissance nominale, dorénavant aux alentours de 4 % devrait en toute logique aller de pair avec des taux longs de même ordre, tandis que, huit ans après le début de ce cycle, les taux d’intérêt réels à court terme n’ont plus guère de raison de rester en territoire négatif comme c’est de plus en plus le cas au fur et à mesure de la remontée de l’inflation.

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Les cours du pétrole entre l’enclume de la transition énergétique chinoise et le marteau de la politique de D. Trump

Retombés sous le niveau de 50 $ dans la journée d’hier, les cours du brut américain ont perdu dix pour cent de leur valeur depuis la fin février, un mouvement généralement inattendu dans le contexte d’amélioration des perspectives de croissance et d’inflation mondiales en présence. Le risque que les pressions baissières continuent à s’exercer sur les prix du pétrole semble pourtant relativement élevé. Déjà intégré à notre scénario depuis l’élection de D. Trump, cette correction pourrait dépasser nos attentes à moyen terme.

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NFP, un rapport idéal !

Avec 235 000 créations de postes, dont 227 000 dans le seul secteur privé, les créations d’emplois conservent un rythme soutenu, très comparable à celui de janvier et supérieur de 80 000 postes à la moyenne des trois derniers mois de l’année 2016. Le taux de chômage baisse à 4,7 % après 4,8 % mais la hausse des salaires horaires reste modérée, de 0,2 % en un mois, ce qui porte à 2,8 % leur croissance annuelle, un rythme légèrement inférieur au niveau de 2,9 % atteint en décembre.

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La hausse des inscriptions au chômage, une chance de prolongation du cycle US

Les inscriptions hebdomadaires au chômage constituent souvent l’indicateur privilégié par les investisseurs pour jauger de la dynamique du marché de l’emploi américain. Cette statistique a toutefois largement perdu en pertinence au lendemain de la crise de 2008 dès lors que le repli des inscriptions au chômage résultait, pour une large part, de défections des personnes en âge de travailler de la vie active, plutôt que de créations nettes d’emplois, ainsi qu’illustré ci-dessous.

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M. Draghi : qui s’y frotte s’y pique, ou s’y piquera

Ardent défenseur de la monnaie unique, Mario Draghi est prêt à affronter ses détracteurs et déploiera si nécessaire plus de moyens encore, jusqu’à accroitre, le cas échéant, son programme d’achats d’actifs. Quant aux taux directeurs ils resteront là où ils sont, ou plus bas encore, pour une période prolongée, et « bien au-delà de l’horizon fixé pour les achats nets d’actifs ». Sans directement le mentionner, c’est bien le risque politique -et les attaques contre la monnaie unique- que cible le président de la BCE à la veille d’échéances électorales que beaucoup redoutent, les premières étant les élections législatives néerlandaises du 15 mars, suivies des présidentielles puis législatives en France.

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