Les PMI, un risque à la baisse sur les prévisions de croissance de la BCE

Après 0,4 % au deuxième trimestre, les chiffres préliminaires de PMI pour le mois d’août en Zone Euro ne pointent pas vers une réaccélération du PIB sur le troisième trimestre. Une situation qui alimente un nouveau risque à la baisse pour les nouvelles prévisions de croissance de la BCE qui seront publiées lors de sa prochaine réunion le 13 septembre.

L’indice composite est en effet resté stable à 54,4 (après 54,3 en juillet), soit autour du niveau observé depuis la fin du premier trimestre. Dans le détail, l’indice manufacturier se tasse à 54,6 (après 55,1), touchant des plus bas depuis plus d’un an, tandis que l’indice des services progresse légèrement à 54,4 (après 54,2), restant autour des niveaux observés depuis plusieurs mois.

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La production manufacturière se replie de 2 % en zone euro

Sans surprise compte-tenu de ce que l’on savait déjà des résultats français et allemands, l’activité industrielle s’est de nouveau nettement contractée en février avec un repli de 0,8 % pour l’ensemble de la production hors construction, le troisième consécutif. Les conditions climatiques ayant dopé la production d’énergie, les résultats pour le seul secteur manufacturier sont plus mauvais encore, en baisse de 2 % en février.

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Tigre de papel’ ou véritable cassure historique

Difficile de répondre à cette question à ce stade mais la Catalogne a franchi un nouveau cap cet après-midi avec le vote de son parlement favorable à la déclaration d’indépendance de la région. Comment peuvent évoluer les choses à partir de maintenant ? Nul peut le dire. L’application de l’article 155 de la constitution espagnole, ne fait plus de doute. Lors d’une brève allocution après le vote du parlement catalan, Mariano Rajoy a rappelé qu’il prendra les dispositions requises pour assurer l’application de la constitution, sans en dire davantage à ce stade. Une arrestation du président du parlement catalan, Puigdemont, et de son adjoint est probable tandis que l’autorité centrale de Madrid reprendra les pleins pouvoirs sur la Catalogne.

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Le regain de pricing power, un euphorisant pour le moral des entreprises, mais encore ?

À en juger par les derniers éléments d’enquêtes publiés ce matin en France et en Allemagne, le moral des industriels reste au beau fixe en Europe. Peut-on, toutefois, prendre pour argent comptant ces résultats ? Amorcée en début d’hiver, l’embellie du climat des affaires n’a guère produit les effets escomptés sur l’économie réelle jusqu’à présent. Nous avons suspecté des effets-prix derrière ces distorsions. Avec le recul, ceux-ci sont aujourd’hui clairement identifiables à travers une analyse détaillée des perspectives de prix.

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L’Espagne, un modèle pour la Grèce ?

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L’Espagne est souvent citée comme référence de bonne gestion de la crise économique et souveraine de ces dernières années, présentée comme le pays ayant su faire les sacrifices nécessaires dont il récolte aujourd’hui les bénéfices. Les révisions à la hausse des prévisions de croissance annoncées par le gouvernement espagnol cette semaine ont ainsi souvent été perçues comme un argument susceptible de faire valoir à la population grecque la voie à suivre à la veille du référendum de ce week-end. Les deux situations n’ont pourtant pas grand-chose de comparable, ceci pour trois raisons principales :

1- En 2010, lorsqu’éclate la crise souveraine, le niveau d’endettement de l’économie espagnole est parmi les plus faibles de la zone euro, les exigences d’ajustement ont donc surtout visé à rééquilibrer une situation budgétaire ponctuellement, bien que gravement, impactée par la crise immobilière et bancaire. Rien de tel en Grèce où l’état des finances publiques était beaucoup plus critique, requérant de facto des ajustements structurels beaucoup plus drastiques qui totalisèrent 17 % du PIB potentiel entre 2010 et 2014, contre 6,5 % dans le cas espagnol.

2- Le coût économique des économies budgétaires est ainsi sans commune mesure entre les deux pays : moins de 4 % pour le PIB espagnol contre 25 % pour le PIB grec, soit un multiplicateur budgétaire de 0,6 dans le premier cas et de 1,5 dans le second, conséquence à la fois de l’ampleur et de la typologie des réformes menées.

3-L’Espagne a mis fin à sa politique d’austérité depuis 2013 et en récolte aujourd’hui les fruits en matière de demande domestique quand les négociations en cours visent à prolonger l’austérité pour plusieurs années dans le cas grec, écartant de facto toute chance de reprise de l’activité pour les deux prochaines années.

L’Espagne mieux lotie ? Gare à la myopie.

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Les efforts de l’Espagne payent, pour preuve : son produit intérieur brut a progressé de 0,6 % au deuxième trimestre, ce qui constitue il est vrai la meilleure performance des quatre principaux pays de la zone euro (zéro en France, -0,2 % en Allemagne et en Italie). De fait, la péninsule ibérique sera sans doute la seule à pouvoir afficher une croissance en ligne avec les prévisions du consensus cette année (1,1 %), voire au-dessus. L’austérité menée par le pays, presque unanimement saluée, serait donc le bon choix. À bon entendeur, salut ! Comment passer à côté des sirènes adressées à la France ou à l’Italie, à l’instar des propos de M. Draghi lors de sa conférence de presse du 7 août : “It’s pretty clear that the countries that have undertaken a convincing program of structural reforms are performing better, much better, than the countries that have not done so”.

Quinze jours passés dans la péninsule ibérique en début d’été, ne nous ont pourtant pas convaincus d’une réussite aussi flagrante…

L’Espagne, stratégie gagnante ?

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La révision à la hausse de la note souveraine de l’Espagne par l’agence Moody’s la semaine dernière est un signe supplémentaire du regain de confiance à l’égard de la péninsule ibérique, dont les progrès sont souvent cités en exemple en matière de gestion de crise. Essentiellement assise sur une baisse des coûts du travail, la stratégie du gouvernement Rajoy était destinée à améliorer la compétitivité du pays pour lui permettre de trouver la voie d’une sortie de crise par les exportations. Face à une économie exsangue, sous le coup d’un processus de désendettement dont les effets ne peuvent être que durablement pénalisants pour la demande domestique, cette stratégie est souvent apparue comme la seule susceptible de remettre l’économie sur le chemin d’une croissance équilibrée, malgré un coût social immédiat très lourd.

Qu’en est-il au juste, les résultats de l’économie espagnole de ces derniers mois sont-ils à la hauteur et effectivement capables d’assurer le retour d’une croissance pérenne à la péninsule ibérique ?