Après la BCE, la FED, face à un exercice un brin plus complexe

Les marchés ont poursuivi leur ascension dans l’attente des annonces de la BCE et cette dernière ne les a pas déçus, enfin, à peine à en juger par le regain de vigueur de l’euro. La semaine prochaine, la FED devrait à son tour actionner le levier monétaire. Pas encore de QE en perspective mais une baisse de ses taux directeurs, un communiqué et une conférence de presse scrutés avec attention pour tenter d’anticiper la suite. Avec une inflation sous-jacente remontée à 2,4 %, justifier son action pourrait se révéler plus compliqué que pour la BCE, surtout si la FED poursuit sur le leit motiv indirectement imposé par D. Trump d’une économie en pleine forme, ne suscitant que très peu d’inquiétude, peut-être en voie d’échapper à de nouveaux tarifs douaniers…

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Postview BCE : En route vers l’hélicoptère ?

La BCE a choisi de réduire le risque au maximum en oeuvrant, comme elle l’avait laissé entendre, sur tous les fronts, quand bien même certains observateurs semblent déçus par l’ampleur de la baisse des taux de dépôt (10 pb contre 20 pb parfois escomptés) ou la taille de son QE, 20 mds contre 30 envisagés. La stratégie permet, certes, de réduire le risque de décevoir des marchés très gourmands mais a en contrepartie l’inconvénient de ne plus laisser beaucoup de marges de manœuvre, tout du moins parmi les outils non conventionnels devenus usuels. Or, à en juger par ses propres prévisions, la BCE semble bien peu convaincue de l’efficacité des mesures qu’elle nous annonce : son nouveau scénario n’envisage pas plus de 1.0% d’inflation a horizon 2020, après 1.2% pour cette année ! Autrement dit, l’assouplissement des conditions monétaires décidé aujourd’hui pourrait n’être que le début d’une longue série de nouvelles mesures a venir… Reste a savoir quel nouvel outil la BCE sortira de son chapeau. Sauf capacité de Mme Lagarde a faire bouger la Commission en direction d’initiatives budgétaires, l’hélicoptère pourrait ne pas être loin….

BCE – entre les murs

À en juger par l’envolée des valeurs bancaires de la zone euro ces derniers jours, +11 % pour le secteur depuis son récent point bas du 15 août, les anticipations des marchés s’agissant des mesures que pourrait annoncer la BCE ce jeudi sont de taille. Si la perspective de baisse des taux de dépôts en territoire plus négatif encore n’émeut pas davantage, c’est sans doute, au-delà du mouvement généralisé de hausse du secteur à l’échelle mondiale, que les attentes concernant le paquet de mesures susceptibles de l’accompagner sont particulièrement élevées : nouveau décalage dans le temps de l’agenda de hausse des taux, exonération de la taxe sur les dépôts en-dessous d’un certain seuil (« tiering »), nouveau programme d’achats d’actifs, voire… « monnaie hélicoptère », la liste est décidément bien étoffée ! Est-elle pour autant crédible et, effectivement, rassurante ?

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L’emploi américain, finalement, médiocre

Le rapport ADP avait surpris hier, suggérant une accélération surprenante des créations d’emplois privés américains en août ; le rapport officiel (NFP)  remet les pendules à l’heure : l’emploi privé ne s’est pas accru de 195 K postes, comme émis par l’ADP, mais de 90 K, une évolution plus conforme aux tendances envisagées au vu des informations sur l’activité américaine. Heureusement, les recrutements gouvernementaux temporaires liés au recensement  (25 K) ont gonflé les emplois publics, faisant ressortir un chiffre total un peu meilleur, de 130 K emplois salariés. Pas brillant néanmoins, d’autant que les révisions apportées aux deux mois précédents ont supprimé 20 K (après déjà 501 K suppressions effectuées en juillet à l’occasion de la révision des estimations pour avril 2018-mars 2019…). Depuis le début de l’année, le rythme de créations d’emplois est finalement réduit à 158 K, contre 223 K pour l’année dernière. Sur un an, la progression est ainsi retombée à moins de 1,4 % ce qui, sauf regain de hausse des salaires réels, ne fait pas beaucoup pour soutenir la consommation.

 

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Surpris par la chute de l’ISM manufacturier américain, vraiment ?

S’il est vrai que le chiffre est tombé bien en-dessous des attentes, c’est que ces dernières étaient une nouvelle fois bien conciliantes. On se demande bien par quel miracle, en effet, la statistique aurait pu éviter une nouvelle correction dans le contexte en présence, simultanément marqué par :

  • une récession industrielle mondiale ;
  • une hausse du dollar ;
  • une faiblesse persistante de la croissance de la demande américaine, que ce soit en provenance des entreprises (investissement) ou des ménages ;
  • un degré d’incertitude que les tweets de D. Trump et l’escalade dans la guerre commerciale poussent à son paroxysme….

Non, la politique de D. Trump n’est pas en mesure de protéger l’industrie américaine des dégâts qu’elle occasionne dans le reste du monde ni ses consommateurs, qui ne seront pas mieux armés pour faire face à la remontée des tarifs, avec ou sans repli des taux d’intérêt.

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Un boulevard de baisse pour le yuan

Sans être capable de dire comment elle se ferait -dévaluation brutale ou glissade graduelle-, une dépréciation du yuan semblait inévitable depuis le printemps. Le durcissement de la position de D. Trump début août a, en l’occurrence, concrétisé l’amorce d’un nouveau repli de la devise chinoise, à l’instar de ce a été observé à chaque crispation supplémentaire dans la guerre commerciale que se livrent les dirigeants chinois et américains. Malgré tout, les variations de la devise restaient relativement limitées, le yuan se cantonnant à fluctuer dans la région dans laquelle il avait évolué ces dernières années, en-deçà de 7 CNY. Le contexte a changé depuis le milieu du mois d’août lorsque la monnaie chinoise a franchi ce seuil et, plus encore, à la suite de la nouvelle salve de tensions de vendredi dernier. Dès lors, le yuan pourrait tout aussi bien chuter vers 7,50 CNY, voire au-delà à relativement brève échéance que stopper sa descente à quelques points du niveau actuel de 7,16 CNY, en fonction des développements sur le front commercial et du bon vouloir des autorités chinoises. Autant dire que le risque d’un décrochage de la monnaie chinoise est loin d’être négligeable. Quelles pourraient en être les conséquences ?

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BMG Août 2019 – Pfff… !

Notre indicateur de momentum global de l’activité stationne en zone neutre/négative, à -0,2 en août. Si l’amélioration du contexte à l’exportation notée en juillet se confirme, c’est bien le seul front sur lequel les tendances se maintiennent en zone positive. Le léger mieux du côté des consommateurs n’a pas tenu en effet et les tendances de l’investissement restent plombées. De leurs côté, les pressions à la baisse des prix s’intensifient à nouveau.

*Nous modifions ce mois-ci notre méthodologie, nos indicateurs étant dorénavant normalisés sur 3 ans. Voir ici pour les détails et incidences.

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Nécessaire ajustement de la méthodologie de notre baromètre (BMG)

Lors de la création de notre indicateur de momentum sur la conjoncture internationale en 2016, nous avions adopté une méthode assez classique de « normalisation » de ses composantes dont le principal objectif est de faire ressortir les inflexions. Une durée de 24 mois glissants, normalement suffisante pour traquer les changements de tendance dans une optique conjoncturelle, avait alors été privilégiée pour cet ajustement statistique. Après dix-huit mois de détérioration quasi-ininterrompue de la plupart des indicateurs sous revue, notre méthode perd de sa pertinence. La raison en est simple : si les composantes de notre indicateur baissent au même rythme qu’elles l’ont fait en moyenne depuis 24 mois, notre baromètre revient, par construction, à zéro. Ce résultat n’est naturellement pas satisfaisant. Face à une période particulièrement longue de détérioration de la conjoncture mondiale, la normalisation sur 24 mois devient obsolète. Il nous faut donc en changer, ce à quoi nous procédons à partir de ce mois-ci pour passer à une normalisation sur 36 mois, avec, de facto, quelques incidences sur nos résultats.

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